n° 2170 juin 2019
Régions
Rennes: la Bretagne en fête
Les derniers résultats des élections
Cercle Géo
Renouveau à l’ESGT
L’école veut changer de nom
Immobilier
La construction en chute libre, l’ancien profite
Le PTZ s’effondre
Profession
Un syndicat de l’information géospatiale
Les chantiers HQE
Territoires
Les eaux pluviales, nouvelle ressource pour la ville
International
Le tronçon ferroviaire qui va remodeler Genève
Grand-angle
Et aussi...
Pathologies des bâtiments
Fatalité? Défaut de maîtrise technique?
Les désordres et pathologies les plus courants
Exemple de désordre sur un immeuble récent
Exemple de désordre dans l’habitat ancien
Exemple de désordre sur ouvrages de soutènement
Horizons
Mesures agraires anglo-saxones – L’énigme des origines dévoilée
Vient de paraître
Juridique
Cour de cassation: une nouvelle rédaction des arrêts
Produits et services
En direct des sociétés
© Yves Baduel
Pathologies des bâtiments
Fatalité? Défaut de maîtrise technique?
Seule une conception minutieuse de l’ouvrage, avant sa construction, permet d’éviter des problèmes futurs. Même si le bâtiment n’est jamais à l’abri du vieillissement des matériaux.
Les pathologies que peut présenter une construction sont très nombreuses. Elles concernent l’ensemble des acteurs de la filière bâtiment mais aussi les propriétaires, les occupants, exploitants gestionnaires, et les mainteneurs.
De l’idée initiale du projet au recyclage final des matériaux composant l’ouvrage, toutes les étapes sont importantes.
La conception se doit d’être aboutie. L’exécution doit respecter les règles de l’art et s’étaler selon un planning adapté. La mise à disposition de l’ouvrage s’accompagne obligatoirement d’un dossier d’intervention ultérieure sur l’ouvrage qui donnera toutes les précisions nécessaires à sa maintenance. Les propriétaires, occupants, exploitants, gestionnaires auront en charge de mettre en œuvre les contrats d’entretien nécessaires, d’établir ou de faire établir les plannings de maintenance des différentes composantes de la construction, et de prévoir une politique de trésorerie pour assurer l’ensemble de ces interventions.
Le programme est fort ambitieux, mais il est la clé de la pérennité de toute construction.
Yves Baduel
© Pxhere
Territoires
Les eaux pluviales, nouvelle ressource pour la ville
Privilégier l’infiltration des eaux pluviales dans le sol urbain réduit la température en ville et permet de faire des économies sur les infrastructures. Une solution gagnant-gagnant.
Le 15 avril, Paris annonce vouloir «débitumer» la ville pour la rendre plus résiliente. En d’autres termes, il s’agit de faciliter l’infiltration des eaux pluviales. Pas de panique, la capitale ne se transformera pas de sitôt en prairie verdoyante. D’ici à 2020, il s’agirait de désimperméabiliser quatorze hectares alors que la voirie en compte 2.800... Huit hectares l’ont déjà été depuis 2014. Des surfaces prises sur des cours d’écoles, des places, des avenues, des trottoirs.
La ville s’inscrit cependant dans un mouvement qui, discrètement, prend de l’ampleur et représente un revirement certain par rapport aux doctrines en vigueur depuis le XIXe siècle. Avec la création des réseaux d’égouts et d’assainissement, toutes les eaux de ruissellement devaient être avalées. Les creux, qui retiennent l’eau, sont proscrits: la ville doit être la plus plate possible, avec une légère pente. Une tendance soutenue et renforcée tout au long du XXe siècle. Réseaux, bassins de rétention, stations d’assainissement de plus en plus complexes et importants deviennent la norme des collectivités, qui y engloutissent d’importants moyens financiers... Pour, à l’arrivée, voir ces infrastructures régulièrement déborder, malgré des capacités en augmentation constante.
«On arrive aux limites de la ville techniciste», pense Jean-Marc Bouillon, paysagiste concepteur, président de Takhae, bureau de conseil en transition écologique. «Si les villes sont installées là où elles sont, c’est que le sol y était à l’origine favorable», explique-t-il. «Un sol portant, draînant, bien exposé, protégé des vents... Mais, on détruit l’écosystème en déboisant, en drainant, en faisant disparaître les prairies et en imperméabilisant.» Conséquence: pour éviter les inondations, il faut des infrastructures. Les réseaux d’assainissement, profondément enfouis dans le sol et statiques, doivent gérer des événements climatiques de plus en plus variables et se déroulant en surface. «Les infrastructures “monoservicielles” génèrent leur propre saturation, et débordent donc régulièrement. La solution est donc de construire la ville avec la nature, et non contre elle, en se posant la question: “Combien de problèmes puis-je régler avec des infrastructures naturelles vertes?”» résume-t-il.

Article complet dans Géomètre n°2170, juin 2019

Martine Kis